C’est dans l’escalier du métro, alors que j’entendais le vacarme des semelles de la horde humaine que nous étions sur les tuiles grises, que j’ai tenté de mettre des mots sur ce sentiment contradictoire. La tendre haine. Pour les conversations banales, les préoccupations bêtes, les titres insignifiants des journaux. Chaque vie, avec ses misères et se joies, qui se fond dans une masse informe et dangereuse.
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Je voulais aussi écrire un mot sur ma dernière lecture (je passe sur Doubrovsky, qui a suscité une réaction allergique, avec ses jeux de mots stupides et son style dans lequel je flairais une parenté boiteuse avec Proust, qui m’éloignais d’emblée), Celles qui attendent de Fatou Diome, écrivaine d’origine sénégalaise. Ils sont rares les livres qui changent mon angle de vue, et celui-là en est un. J’avais lu maints articles sur le sujets des émigré-es clandestin-es des pays africains, mais là, tout prenait vie d’une manière unique, les silhouettes, les arbres, le village, l’océan surgissaient autour de moi, comme s’ils m’habitaient.
Pour son recueil de nouvelles, La Préférence Nationale, un rappel brutal et salutaire du racisme ordinaire de nos sociétés bien-pensantes. À lire. En fait, j’ai emprunté tous ses autres ouvrages.