Je rentre chez moi. Dans la pièce fermée par un rideau qui me sert de chambre. Une vieille maison toute croche cachée par les arbres, une anomalie dans cette banlieue aux rues droites, aux maisons alignées sans poésie. Enfin, le silence. Et puis j’ai découvert les bouchons d’oreilles. C’est curieux, on entend tout de même, mais des bruits différents, le pouls, la respiration.
Ce matin, le guitariste dans le métro jouait Moonshadow, de Cat Stevens, sans paroles. J’en ai eu les larmes aux yeux. Encore ce contraste entre le jeu détendu et tendre de la guitare et les souterrains humides et glauques. Sur les écrans, l’annonce que le gouvernement approuvait un nouvel accord de libre-échange. Cette fois, des larmes de dégoût et, l’espace d’un éclair, l’envie de me jeter sur la rame de métro. Mais non. J’ai encore quelque chose à écrire.
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J’ai terminé un dernier ouvrage de Julian Barnes, Metroland, son premier roman. C’est rassurant de lire un premier roman après avoir lu les plus achevés de son auteur. Un passage que je retiens est la réflexion du personnage sur le sentiment de trahison d’une identité que peut comporter le fait de pouvoir exister dans une autre langue.
Visite à la bibliothèque pour refaire mon stock de livres, cette fois en français. Je me suis promenée au hasard dans les rayons, et y ai pris deux livres de Fatou Diome, Celles qui attendent et La Préférence Nationale, dont les titres m’intriguaient. Puis Le livre brisé, de Serge Doubrovsky. Je ne connais aucunement ces auteurs. Un quatrième livre, qui n’est quant à lui pas un roman, mais un documentaire, Le fleuve aux grandes eaux, sur le grand fleuve qui m’habite et que je veux connaître davantage pour l’écrire mieux.