Déjà une centaine de pages manuscrites, pendant l’été. Une bonne idée de ce que le résultat final pourrait être à moins de changements importants dans la direction que le projet prend.
Bientôt, je reprends le chemin de la ville. J’ai un peu peur. Un peu peur de m’y perdre dans les dédales sans fin des luttes pour un monde… meilleur? On dirait que je n’ose plus le dire, que je n’y crois plus. Alors je le dis avec un petit sourire ironique.
Je vais travailler, beaucoup travailler, parce que pour faire ce dont je rêve depuis longtemps, ça demande des sous. Puis je passerai du temps dans les bibliothèques. Parce que j’ai un ambitieux programme de lectures. Je veux aussi traduire deux livres, pour le plaisir et pour en explorer le style de l’intérieur, « Cement Garden » de McEwan, et « England, England », de Barnes.
Je voudrais aussi voir mes ami-es, parce que je les aime, tout simplement.
Il faudra que je réfléchisse comment insérer la politique dans tout ça, si c’est possible. Cela m’exaspère et me fait vivre une colère éprouvante, je dois faire attention. Pourtant, je ne vois pas comment faire autrement. Je ne peux pas être seulement observatrice et ne rien faire.
Cependant, je veux écrire. On dirait que le temps se rétrécit. Je vais encore oublier de respirer, comme si je devais attendre jusqu’à la prochaine fois que je sortirai de la ville pour reprendre mon souffle. On verra bien.