Ma soeur me dépose au métro. Je ne m’y sens pas si dépaysée. Je me souviens encore de quel bus prendre, à quel arrêt descendre. C’est presque comme si je n’étais jamais partie. Depuis le début de l’été que je me prépare à ce retour, en ayant accueilli chaque moment là-bas comme un cadeau inespéré. Voilà, je fais de nouveau face à cette densité humaine, m’y engouffrant comme on part à la guerre et constatant avec une surprise amusée la diversité des visages humains dans cette fourmilière.
L’objectif est atteint, je trouve toujours les humains aussi cons, mais j’ai recommencé à les aimer. C’est au moins ça. Ce matin, j’ai été témoin de deux accidents de vélo lors de mon trajet de bus, de quoi me faire largement hésiter à reprendre le mien. Et puis j’aime mieux marcher. Autre constat du jour: les côtes de Tadoussac me font rire des petites pentes à monter sur mon chemin. Comme quoi tout est relatif, surtout l’effort nécessaire pour gravir les aspérités de la croûte terrestre. Les visages tendus des centaines de personnes s’affairant d’un côté ou l’autre, tout le monde courant vers un lieu de travail ou un cours quelque part, puis le sourire magnifique d’une grosse dame qui s’asseoit à côté de moi, je lui retourne son sourire, sensible à la chaleur humaine, plus rare ici que là d’où je reviens.
Puis je prépare, résignée à faire de mon mieux, mes notes pour ce soir, une courte présentation dans une AG. Oui, c’est bien de la joie que je ressens à la pensée de retrouver tout ce monde, à travailler à changer un tout petit peu le monde, même si on voudrait tellement faire plus et plus vite…
Un peu moins joyeuse en préparant mes CV à distribuer dans les prochains jours, par contre. Mais l’idée est de remplir les coffres en vue du prochain projet: la randonnée au Cape Wrath, en Écosse. Prochain cap, prochaine aventure. À la maison, le guide pour préparer le voyage et le sac d’expédition m’attendaient (en plus de mon père, ma belle-mère et ma petite soeur, évidemment). Entre temps, demain, je vais voir l’endroit où je vais demeurer cette année.