Il fallait que je trouve autre chose à faire, évidemment. Étudier le Code, c’est juste trop plate. Ce qui m’amène à parler de l’effet que le droit a peu à peu sur ma façon de voir les choses. J’avais déjà remarqué ce que la philo avait fait dans ma tête, comme si elle m’ouvrait les yeux à des structures du monde que je n’avais jusque là pas vues, ou sinon seulement devinées.
Il faut dire qu’au début de ma première année en droit, autant j’essayais de faire rentrer ma tête dans le droit, autant j’étais terrifiée à l’idée de restructurer ma manière de voir les choses selon ces nouvelles formes. Mon esprit plutôt synthétique et généraliste, curieux cependant de comprendre ce qu’il y a de plus fondamental, se montrait (et se montre toujours) particulièrement rétif à cette manière de codifier et de caser le monde en petites boîtes toutes carrées.
Cependant, ici aussi, ma tête prend le tour. Et il m’arrive maintenant d’avoir des flash où je vois le droit quelque part, comme une sorte de radiographie-éclair. Mais disons que, contrairement à la philo (sauf peut-être l’épistémologie analytique qui me semblait abracadabrante et déconnectée), ça ne me plaît pas tant que ça. Enfin, c’est une sorte d’expérience phénoménologique intéressante…