Contrairement à la plupart des gens que j’entends se plaindre de l’hiver, qui arrive dans ses vêtements de vent, de neige et de soleil pâle, j’ai quant à moi hâte à cette mélancolie heureuse des flocons tombant silencieusement dans la fenêtre, aux manteaux, aux bottes, aux foulards enroulés autour du cou.
Des musiques du Nord me montent dans les oreilles, je chante les mots qui célèbrent l’hiver. Oui, l’hiver est long, oui il est froid et sombre, le soir. Pourtant il me vient toujours un pincement au coeur à l’idée qu’un jour, il pourrait ne plus exister. Ce temps de latence qui repose des ardeurs de l’été, je le chéris. J’y retrouve les notes tristes qui occupent mon être, leur donnant enfin le droit d’exister. J’y retrouve également la chaleur humaine des intérieurs et la générosité des coeurs: « Entre, entre, ne reste pas dehors! » « Tu restes à souper? Il fait tellement froid ces temps-ci! »