Tu es belle, sans conteste
Je trouve même en toi la paix
Mais tes tiges parallèles
Tes arômes d’humus, de feuilles et de fougères
Tes chemins tapés
Tes vallons clairs
Tes feuillus lumineux
Sont pourtant trop sages pour moi
Tes érables, tes chênes, tes hêtres
Le bruissement doux du vent
Ta terre riche et brune
Tes eaux tranquilles
Ce ne sont pas là
Les feux de mes veines
Dans lesquelles coulent en torrents
Les masses granitiques
Les folles bourrasques
Les épinettes noires
Et leur odeur sucrée
Où il est plus probable de rencontrer
L’ours, la buse ou l’orignal
Que l’un de mes semblables
Forêt sauvage et passionnée
Riche de baies et de gibier
Tu es, toi, belle, sage, élégante
Mais j’ai laissé mes racines au Nord
Dans les profondes coulées, sur les falaises
Accrochées aux aspérités
S’abreuvant aux marées du fleuve.
* Écrit suite à un atelier-randonnée au Mont-Saint-Hilaire avec un groupe initié par Stéphanie Verriest