Le 2 septembre, déjà…

Ce matin, j’étais émue en écrivant la date dans mon journal de bord, que j’ai tenu tout l’été. Je m’étais préparée dès mon arrivée à ce que l’été passe vite, mais ça fait un choc de voir la fin, déjà.

L’automne est à la porte, il fait gris, on ne sait pas trop s’il pleuvra ou non. Il fait frais, on sent les feux de cheminée, l’odeur des feuilles, tout doucement, dans l’air salin, les dernières fleurs de l’été qui colorent les bords des chemins.

C’est curieux comment j’avais l’impression de rentrer chez moi hier soir, alors que je n’ai fait que passer trois mois ici. Il faut croire que des racines m’ont poussé dans les pieds, qui se sont promenés sur les grands crans roses, dans l’argile grise des éboulis, dans les mares à marée basse, les ruisseaux, le sablonneux chemin Zacharie, les pistes d’animaux sauvages dans la forêt d’ici. Je me suis attachée à la terre d’ici, indissociable du fleuve. Je me suis attachée à ces gens débrouillards, avec leur générosité et leurs travers.

Je crois bien que pour la première fois de ma vie, je me sens chez moi quelque part. Tadoussac, oui, mais j’ai bien hâte, en longeant la Côte-Nord, de voir si ce n’est pas cette région tout entière qui m’est rentrée dans le cœur. Je n’aurai de cesse que de revenir, comme à un amour profond et sans fin.

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