Je ne sais pas. Je ne jouerai pas les prophétesses de l’apocalypse, parce que je n’en sais rien. Cependant, la joie que j’ai à suivre la piste d’un renard, à cueillir des bleuets, à regarder du haut d’une falaise les eaux transparentes du fleuve pénétrer dans l’anse à marée montante, tout prend une teinte mélancolique. Les nuages d’une possible marée noire dans le golfe et l’estuaire dans quelques années ou les changements inconnus et rapides que nos habitats commencent déjà à vivre me semblent s’approcher à grands pas.
Les préoccupations de fourmis qui nous émeuvent me paraissent à la fois proches et lointaines, comme de multiples petites voix, des gouttes de pluies qui résonnent. Le soleil, le fleuve et le vent en font de légers murmures. Aura-t-on le temps de nous réveiller, où l’orage nous frappera-t-il de plein fouet lorsqu’il arrivera?