Proust et compagnie

Je n’ai jamais lu Proust. À la recherche du temps perdu est parmi mes livres, dans ma bibliothèque. Je le prends régulièrement, me disant qu’il faudrait bien que je lise ce truc. Ce que j’y vois, c’est la recherche maniaque des couches de sédiments du temps laissés dans la mémoire. Mais ça me rend folle chaque fois. Alors je remets le bouquin dans la bibliothèque en me disant que je le lirai un autre jour. Et je prends Zola ou Dostoïevski, que j’ai déjà lu dix fois, étant mon coup de foudre de jeunesse.

Je me suis déjà dit, dans des moments de folle amibition qu’un jour, j’aimerais écrire un bouquin comme ceux de Dostoïevski. Ou ceux de Boulgakov. Ou Gogol. Un côté burlesque un peu cinglant aussi, tout en faisant vivre un monde rempli d’humanité, cherchant à comprendre que diable fait-on dans cette galère. Mais je me retrouve à être moi aussi à l’affût des sédiments du temps dans ma mémoire. Tout à l’heure, l’odeur d’un autobus dans la chaleur du printemps a fait remonté à ma mémoire les souvenirs précis du bus jaune d’école que je prenais. Couchée dans l’herbe à regarder les bourgeons, il me venait le souvenir précis d’un moment semblable au bord du fleuve, les odeurs et bruits submergeant tous mes sens comme si j’y étais, me menant ainsi de souvenir en souvenir.

Voilà. Et comme je n’ai ni le talent de Proust, ni l’envie d’écrire un truc que moi-même je n’arrive pas à lire, je ne m’attellerai pas à cette tâche. Mais peut-être qu’un jour, je pourrai écrire quelque chose de pas trop mal. Un jour.

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