Un printemps qui s’est fait attendre. Une fête trop bien arrosée où je me suis subitement sentie étrangère, un repas entre ami-es. Un court instant de réflexion dans un café avant de passer la soirée à garder une petite fille adorable. Pourtant le temps me pèse étrangement aujourd’hui.

Tout passe, me dis-je en contemplant ce monde qui me paraît être à des années lumière. Poursuivre ce détachement, ne m’attacher à rien. Revenir à ce qui est absolument essentiel. Marcher. Poser un pied devant l’autre. Ne m’attendre à rien d’autre que ce qui vient immédiatement après maintenant. Déjà tant de moments vécus. De points reliés entre eux par le fil invisible de ma vie. On regarde cette chaîne d’un côté, elle semble absurde. D’un autre angle, elle paraît lisse et continue. De ce que j’en vois, elle est remplie de tournants abrupts, de ruptures. D’une recherche. Comment être? Comment vivre?

Douter de ma capacité d’aimer. Ne vouloir blesser personne. Réaliser que c’est impossible. Apprendre à l’assumer. Vivre, de maillon en maillon, me demander pourquoi tout cela, au final. Me trouver arrogante lorsque je juge les gens stupides. Vouloir croire que l’humain est capable du meilleur.  Constater trop souvent le pire. Continuer à tenter l’espérance malgré tout, pour vivre.

Trente-deux ans de temps qui passe